Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Slumdog Millionaire’

slumdog_millionaire_young_jamal

Par respect pour mon collègue, je n’avais pas fait de contre-billet suite à l’euphorie qui s’est emparée de lui au moment où il s’était décidé à faire part au monde de son enthousiasme pour « Benjamin Button », dernier film de David Fincher.

Je ne vais pas en faire un maintenant. Déjà parce que je n’ai pas le temps (je découvre seulement « The Wire » alors vous comprendrez que les minutes sont précieuses) et ensuite parce que je n’ai pas assez détesté « Benjamin Button » pour contredire Amine.

Toutefois, et Amine m’en est témoin, le sentiment qui m’a immédiatement habité à la vision du film était d’avoir été légèrement pris pour un idiot. Simplement parce qu’on a l’impression que ce film, plus que par envie, a été fait uniquement pour les Oscars. Comme l’establishment hollywoodien n’a pas su reconnaître les sommets qu’étaient « Seven », « Fight club » et, à un degré moindre, « Zodiac », David Fincher s’est senti obligé de faire son bon gros produit oscarisable. Pour ça, la recette tient en assez peu d’éléments :
• Un scénariste reconnu
• Une durée minimal de 2h30
• Un couple bankable
• Un sujet original mais une forme on ne peut plus classique.
Et Bim, Bam, Boum, vous avez, en théorie, votre rampe de lancement pour la statuette.

Sauf que, cette année, personne n’a été dupe. Sincèrement, comment ne pas ressentir une pointe de déception en sortant de la projection du film ? C’est simple, avant de rentrer dans la salle vous saviez que vous verriez l’histoire d’un bonhomme qui naît vieux et meurt bébé. En en sortant, vous ne savez…rien d’autre. Non, ça n’est même pas un spoiler puisque je ne dévoile rien. Pendant le film, il ne se passe pas grand-chose d’autre que ce qui nous avait été annoncé par le synopsis d’Allociné ou, mieux, par celui de Theater of the Mind.

Indéniable ceci dit que le film comporte quelques jolies scènes. Les retrouvailles de Benjamin avec sa famille après son exil en Russie, le retour d’un Brad Pitt juvénile au cours de danse d’une Cate Blanchett usée par les années et, surtout, cette scène iconoclaste qui nous rappelle qu’un petit rien suffit à provoquer d’énormes changements. Elle est bien cette scène mais, comme me le faisait remarquer ma camarade de salle, elle n’a pas grand-chose à voir dans le film. Anecdotique ? Oui ça doit être ça.

Alors voir qu’un film calibré pour les Oscars s’est fait soufflé la récompense ultime par une bande d’Indiens dirigée par le réalisateur de « Trainspotting », ça fait zizir comme dirait un rappeur qui crache sa couleur à la radio comme dans une babtou.

Et puis si vous teniez absolument à voir un film de plus de deux heures avec Brad Pitt et Cate Blanchett, vous pouviez très bien revoir « Babel ».

Publicités

Read Full Post »