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Posts Tagged ‘films historiques’

Il fut un temps où John Woo et Nicolas Cage semblaient avoir une relation particulière comme si l’un voulait faire de l’autre son acteur fétiche. Après le carton que fut « Volte/Face », le duo s’était reformé le temps d’un « Windtalkers » qui n’a malheureusement pas tenu ses promesses mettant ainsi fin prématurément au binôme pourtant prometteur. Depuis, s’ils ont pris des chemins séparés, leurs choix respectifs ne se sont pas avérés extrêmement judicieux. En réalisant deux longs-métrages totalement anecdotiques ( « Hostage » avec Clive Owen et « Paycheck » avec Ben Affleck), John Woo s’est un petit peu grillé à Hollywood ces derniers temps, passant en quelques années du statut de valeur sûre du box-office à celui de réalisateur virtuose incapable de sortir de la démonstration de style quitte à délaisser complètement le fond (qui a dit Brian de Palma ?).
Quant à Nicolas Cage…[Insérez ici un énorme soupir de désespoir]. Nicolas Cage est une sacrée énigme. Acteur ultra-doué, abonné dans sa jeunesse aux comédies gentillettes, grands réalisateurs, chefs d’œuvre non-identifiés et auteur d’une des plus grandes prestations de l’histoire (facile !), le neveu de Francis Ford Coppola avait tout du Tom Hanks en puissance. Sauf que Nick a l’air de se moquer des Oscars et autres Golden Globe comme du premier film de Ted Danson. Ce qu’il aime lui c’est cogner, tourner avec une pléiade de bombes sexuelles et faire péter le box-office. Et depuis qu’il a mis le pied dans l’engrenage avec « Rock », le bougre ne peut plus s’arrêter. Depuis 2004, il est sur une série exceptionnelle : la franchise Benjamin Gates – sympathique mais bon…Indy rules-, « The Wicker Man », « Ghost rider » , « Next », « Bangkok Dangerous » …Et pourtant, il s’est quand même payé le luxe d’occuper le premier rôle d’un des plus grands films de ces dernières années avec « Lord of War ».
Aujourd’hui, John Woo et Nicolas Cage sont tous les deux dans les salles. Le premier pour « Les Troix royaumes », censé marquer son grand retour en Chine. Le deuxième pour « Prédictions », film catastrophe réalisé par Alex Proyas, capable du meilleur ( « The crow », « Dark city » ) comme du très efficace ( « I Robot » ).

Les trois royaumes
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Réalisation : John Woo
Distribution : Tony Leug, Takeshi Kaneshiro, Zhang Fengyi…
Scénario : John Woo, Khan Chan, Kuo Chang, Sheng Heyu

L’intrigue ? En l’an 208 de notre ère, La Chine comporte trois royaumes distincts. Son premier ministre Cao Cao a des rêves de grandeur et, doté d’une armée impressionnante, veut gouverner une Chine unie. Liu Bei, qui dirige le royaume du Sud-Ouest, va s’unir à Sun Quan pour faire face à l’offensive de Cao Cao.
La durée : 2h25 minutes.
Le pressentiment avant la séance : Avoir affaire à une grande fresque romanesque ennuyeuse sur les bords mais remplie de quelques grands moments.
Le sentiment à la fin de la séance : On a vu une grande fresque romanesque ennuyeuse sur les bords mais remplie de quelques grands moments.

Si c’est la première fois que John Woo s’essaye au genre, il n’empêche qu’on reconnaît sa pate immédiatement. Outre les petits détails détails qui font la différence (la présence de l’inévitable colombe entre autres), on retrouve les terrains de prédilection du cinéaste. Les hommes sont des brutes, seul l’amour, le vrai, vaut la peine d’être vécu. On apprend même que Cao Cao mène cette guerre impitoyable pour une femme en réalité.
Au programme donc, des scènes de combat joliment chorégraphiées, quelques grands moments de bravoure, des acteurs parfaitement à l’aise dans leurs costumes (mention spéciale à Takeshi Kaneshiro, impeccable dans le rôle du stratège de Liu Bei) et une très belle photo.

Il n’en demeure pas moins que :
– 2H25 c’est long et on a tout de même l’impression que John Woo voulait à tout prix réaliser sa grande fresque historique. L’intrigue se serait très bien tenue en 1H40.
– Le film détient quelques grands moments de n’importe quoi. En vrac, un des généraux de Liu Bei qui, en plein combat, décide d’y aller façon rugbyman et de mettre des tampons à tout ce qui se présente devant lui y compris les chevaux, un personnage féminin criant de naïveté et qui passe ses journées à écrire paix partout dans sa maison et une scène finale qui n’est pas sans rappeler les plus grands moments de « Brokeback Mountain ».
– On ne peut s’empêcher de penser que certains dialogues manquent un peu d’épaisseur : « La seule façon d’éviter la guerre c’est la guerre »…Ahem, comment dire…

Annoncé comme le grand retour en force de John Woo, « Les trois Royaumes » n’est pas la réussite annoncée. Toutefois, le réalisateur fait définitivement partie de ces cinéastes capables de rendre des scènes regorgeant de violence presque belles à regarder. C’est déjà ça.

Prédictions
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Réalisation : Alex Proyas
Distribution : Nicolas Cage, Rose Byrne, Chandler Canterbury…
Scénario : Stiles White, Juliet Snowden,

Une chose m’a profondément embêté à la sortie de la salle : l’espèce de tentative d’intellectualisation foireuse du propos à la fin du film. J’aurai aimé vous dire que « Prédictions » est un bon gros film de science-fiction comme les américains savent le faire avec des chutes de météorites, des aliens flippants et une histoire d’amour en bonne et due forme. Mais le dernier film d’Alex Proyas n’est rien de tout ça. Enfin, force est de reconnaître que les scènes d’action sont d’un spectaculaire à couper le souffle : le crash d’avion et le détournement du métro sont de vraies démonstrations de techniques.
Mais l’essentiel du film est, hélas, ailleurs. En 1959, les élèves d’une école primaire enterrent des dessins censés imaginer le futur devant l’entrée de leur établissement. Le but étant que 50 ans plus tard, leurs successeurs les déterrent et se rendent compte qu’ils étaient complètement à côté de la plaque avec leurs voitures volantes et leurs monstres verts déambulant dans les rues de New York. Sauf que Caleb (nom biblique s’il en est) a droit à un dessin un peu particulier : une suite de nombres obscurs et incompréhensibles. Son scientifique de père – Nicolas Cage – va s’y intéresser et découvrir, au bout de 5 minutes à peine, que ce bout de papier prédisait en réalité les plus grandes catastrophes de ces 50 dernières années en fournissant la date, le nombre de morts, la latitude, la longitude…Du travail de pro. Sauf que trois catastrophes ne sont pas encore arrivées…Va-t-il être possible de les arrêter ?

Il est juste qu’il ne fallait pas espérer grand-chose d’un tel film mais, tout de même, passer un bon moment était le minimum. Et j’étais prêt à accepter plein de choses pour aimer ce film :
– Accepter la vision ethnocentrée des américains. En effet, quand on parle de catastrophe mondiale, on parle en réalité d’accidents survenus aux Etats-Unis. Allez, à la limite le Mexique mais le reste du monde hein…
– Accepter le postulat assez grotesque de départ. Après tout, on a vu pire.
– Accepter les retournements de situation les plus improbables. Sans dévoiler la fin, je dirai que le moment où il gratte la porte de l’école est assez fantasque dans le genre.
– Accepter que le personnage féminin ne soit même pas joli. Là-aussi, on a vu pire.

En revanche, le dernier plan qui suggère une version 2.0 d’Adam et Eve reste compliqué à avaler. Kim Newman a parfaitement résumé ce que je n’ai pas aimé dans ce film : « Given that M. Night Shyamalan hasn’t been able to get away with making M. Night Shyamalan films without receiving a thorough kicking lately, it’s a mystery why Alex Proyas would want to make one. » Vraiment, il n’est pas nécessaire de dépenser autant d’argent (et de temps, 2H quand même) pour des films de ce genre. Mieux vaut que les grands studios réservent leurs portefeuilles pour de vrais scénarios catastrophes.

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