Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Films Français’

largo

Synopsis

Nerio Winch, PDG d’une énorme multinationale, est retrouvé mort près de son modeste yacht. Forcément, les rapaces se précipitent pour lui succéder. Sauf que Nerio était un homme malin et avait préparé ce moment consciencieusement en faisant de Largo, son fils adoptif, son héritier légal et l’actionnaire majoritaire de la boîte en cas de pépin. Mais Largo n’a pas exactement le profil du fils à papa type : il va se mettre en tête de retrouver l’assassin de son père.

Réalisation : Jérôme Salle
Distribution : Tomer Sisley, Kristin Scott-Thomas, Mélanie Thierry…
Scénario : Julien Rappeneau & Jérôme Salle d’après l’oeuvre de Jean Van Hamme & Phillipe Franck.

Pour qui connaît la bande dessinée de Jean Van Hamme, l’intrigue n’est pas neuve. Héritier d’un empire colossal, Largo Winch, éternel vagabond, doit faire face aux rivalités et contenir les ambitions débordantes de ses collaborateurs. Car plus qu’une simple BD d’action pour adultes, « Largo Winch » a toujours baigné dans le monde de l’entreprise, du capitalisme, du dollar, des immenses buildings et des costumes de luxe. Le troisième album s’intitulait « O.P.A » et les aventures de Largo nous obligeaient à nous familiariser rapidement avec les termes financiers chers aux journalistes de « Capital ». D’ailleurs, le dernier album en date avait été publié en plusieurs parties dans « Le Point ».

Là-dessus, il faut reconnaître que Jérome Salle, réalisateur du film, est resté très fidèle à l’esprit de la bande dessinée. Les mecs se battent en costume dans des scènes d’action plutôt bien chorégraphiées sans être pour autant époustouflantes, le siège du groupe W paraît sortir tout droit des bandes de Van Hamme et Tomer Sisley ressemble assez à l’image qu’un lecteur pouvait se faire de Largo Winch.

Empruntant un peu à l’univers de James Bond et beaucoup à celui de Jason Bourne, « Largo Winch » est un film en deux temps. On dira que la première partie sert davantage à planter le décor et à nous présenter le protagoniste principal. Adopté par un riche entrepreneur, il n’a eu de cesse de fuir son destin en parcourant le monde à la rechercher de nouvelles expériences. A ce titre, la première apparition de Largo Winch est édifiante : alors qu’il remonte un certain fleuve dans un certain pays d’Amérique du Sud, il en profite pour se faire tatouer un symbole synonyme d’invincibilité. Sans même laisser le temps au tatoueur de finir son œuvre, il s’en va à la rescousse d’une jeune femme abusée par de sombres goujats. Voilà pour les présentations : jouisseur, pas matérialiste pour un sou, toujours prêt pour secourir la veuve et l’orphelin, sans peur ni reproches, Largo Winch dit « avoir tout le temps », temps qu’il utilise à parcourir le monde. A chacun sa routine quotidienne. Seulement, le monde de Largo va être ébranlé quand il va apprendre la mort de son père et l’héritage qui lui revient. Indispensable pour présenter le personnage (et lancer une franchise que l’on voit gros comme une maison), cette première partie manque cruellement de rythme par moments. Après tout, on est venu voir un film d’action et, là, ça pète pas assez.

La deuxième partie du film est mieux ficelée. Capitalisme sauvage, manipulations, complots, trahisons, tout y passe. Et on finit par se prendre au jeu lorsque ça s’accélère considérablement dans les trente dernières minutes du film. En effet, à partir du moment où Largo va chercher à Sarajevo les documents lui donnant l’actionnariat majoritaire, on a le sentiment d’être, enfin, dans un rythme de véritable film d’action/espionnage/galipettes.

Toutefois, on a le sentiment qu’il manque plusieurs éléments qui auraient permis au film d’avoir une toute autre ampleur :
• Plus que d’être en deux temps, le film a davantage l’air d’être entre deux chaises. Jérôme Salle essaye vraiment de conserver l’esprit de la bande dessinée en donnant de la profondeur au personnage de Largo. Du coup, beaucoup de lenteur et, décidément pas assez de rythme.
• Des vilains un peu plus charismatiques n’auraient pas été de trop. Ici, l’adversaire est d’ailleurs flou puisqu’il change au moins trois fois de visage pendant le film. Le plus important c’est définitivement Largo.
• Sauf que Largo Winch est interprété par un mec qui doit avoir Keanu Reeves comme modèle absolu. Sans blagues, Tomer Sisley est tristement fade. Aucune expression du visage, quelques sourires qui ne manqueront pas de plaire aux femmes tout au plus mais rien de bien notable. Son cas est réglé : il n’est pas drôle, a joué dans « Studio Sud » et est un mauvais acteur.

Quelques remarques anecdotiques :
Dans ce film, la gente féminine est vue sous un angle bien particulier. Le personnage de Kristin Scott-Thomas est une garce débordante d’ambition prête à manipuler n’importe qui pour arriver à ses fins. Celui de Mélanie Thierry est une prostituée qui joue avec les hommes pour gagner sa vie. Enfin, la jolie fille de l’Est répondant au prénom de Mélina (enfin si mes souvenirs sont bons) n’est malheureusement pas développée comme si son histoire paraissait insignifiante. Pourtant, il y aurait des choses à en dire sur ce personnage : elle rêvait de faire le tour du monde avant de reprendre finalement le cabinet de son père, esquisse un sourire ravageur et est complètement consciente de sa vie de merde. Malheureusement, Jérôme Salle a préféré s’attarder sur les garces.
Un moment Largo Winch se retrouve dans l’eau après avoir pris une balle. On pense qu’il va mourir. Mais en fait non. Ca m’a fait penser à la géniale scène de fin de « La vengeance dans la peau ».
Respect à Gilbert Melki. Définitivement une tête de lâche.

Ton avis gros ? : C’est assez rare pour être souligné mais on se dit qu’une suite pourrait être une bonne chose. Ce premier opus a perdu en rythme à force de vouloir planter le décor. Une bonne grosse deuxième partie centrée sur l’action serait de bon augure. A condition de changer d’acteur principal. Sinon, revoyez la trilogie Jason Bourne.

Publicités

Read Full Post »

vincent-lindon

Synopsis

Lisa et Julien sont mariés et mènent une vie heureuse et sans histoire avec leur fils Oscar. Mais leur vie bascule, quand un matin la police vient arrêter Lisa pour meurtre. Elle est condamnée à 20 ans de prison. Persuadé de l’innocence de sa femme, Julien décide de la faire évader.cJusqu’où sera-t-il prêt à aller « pour elle » ?

Il arrive parfois d’aller au cinéma sur un coup de tête. C’est ce que j’ai fait en allant voir ‘Pour Elle’. Avec un titre pareil, on s’attend plus à une suite de « P.S. I Love You » qu’à un remake français de « La Grande Evasion » ou de « L’Evadé d’Alcatraz ».

Certes, j’avais vu la bande-annonce d’un œil distrait, mais je n’avais pas plus accroché que ça. Et mon côté  bobo « nostalgique néo romantique aux actions bucoliques » me faisait croire indubitablement à une histoire d’amour pure et simple. Une ‘Je t’aime, moins non plus’ comme on en voit toutes les 2 semaines au cinéma – et tous les 2 mois dans la vraie vie, ndlr.

Alors, bien sûr le film est fondé sur l’amour que porte un mari à sa femme, et sans Cupidon le film n’existerait pas. Mais au final, le scénario est plus proche de celui du pilot de Prison Break que de celui d’ « Un Homme et une Femme ». Pour faire simple, « Pour Elle » raconte l’histoire d’un couple trentenaire, tout ce qu’il y a de plus normal (bébé, boulot, berline et appartement en prime), dont la vie va basculer du jour au lendemain (je sais, cette phrase fait cliché, mais c’est le cas). Lisa, jouée par Diane Kruger, est une jeune maman-cadre qui va être arrêtée et condamnée pour un meurtre qu’elle n’a pas commis. Dès lors, Vincent Lindon, aka Julien, le professeur de collège qu’il incarne, va tout faire pour l’extraire de l’enfer qu’elle vit, quelqu’en soit le prix.

Le film a deux –gros- intérêts.

Le premier est l’évolution de Julien, père de famille posé qui va devoir sacrifier sa vie et l’enfance de son fils pour pouvoir espérer sauver sa femme. Il va dès lors jongler entre le Pilot V5 en tant que sabre laser le jour avec ses élèves et le revolver chargé pour faire face aux vilains gaillards qu’il va rencontrer la nuit. Au final, et si l’on veut simplifier les choses, le film raconte l’histoire de Monsieur Tout-Le-Monde qui tente l’impossible –faire évader sa femme de prison-, dans un monde pour lequel il n’était pas prédestiné –le grand banditisme-.

Le film tente de montrer comment ce professeur de français qui jusqu’ici ne traitait qu’avec des lanceurs de boulettes de papiers va s’en sortir entre tueurs, anciens évadés, et autres dealers de boulettes (pas de papier cette fois ci). L’erreur judiciaire et les faits qui accablent sa moitié reversent les crédos qui lui semblent [désormais] erronés : quand la justice ne fait pas son boulot, il faut le faire à sa place – à ce moment là du billet, Judge Dredd se serait exclamé : La Loi, c’est moi

Vincent Lindon est très bon dans son rôle. On s’attache vite au personnage, et par-dessus tout à la cause qu’il défend. Le réalisateur réussit à faire en sorte que le spectateur, au-delà de l’identification au personnage lambda qu’est Julien, se retrouve à pardonner l’impardonnable. On a rarement fait mieux dans le style ‘La fin justifie les moyens’ depuis l’avènement de notre grand sauveur S.A.S Jack Bauer dans 24.

Le deuxième bon point du film va au réalisateur. Monsieur Cavayé, chapeau bas. Pour un premier essai derrière la caméra dans un long métrage, il n’y a pas grand-chose à (re)dire.

Le film débute sur les chapeaux de roue avec une scène d’ouverture comme on les aime qui laisse planer le suspens jusqu’aux trois-quarts du film, où l’on revient à ladite scène d’ouverture. J’aime. On est tendu de la 1ere minute à la dernière seconde. Tout comme pour Secret Défense, je pense qu’on doit beaucoup à la caméra à l’épaule qui est vraiment privilégiée dans ce film. Encore faut-il savoir bien l’utiliser, sans donner le tournis et des nausées au spectateur (pour tous conseils techniques de caméra à l’épaule, s’adresser directement à ce Monsieur pour ce film en particulier). Au-delà de ça, certaines scènes marquantes sont filmées à la 3eme personne, ce qui permet de s’identifier encore plus aux personnages et de s’approprier leur histoire.

So what ?

Bien qu’un peu simpliste sur les bords, le scénario tient la route et le spectateur se laisse mener de lieux en lieux, de rebondissements en rebondissements tout au long du film. Je dis simpliste car on a quand même parfois l’impression que le professeur de Français a réussi à se procurer ‘L’évasion pour Les Nuls’ préfacé par Mesrine aux éditions Anglin Bros & Morris. Mais la prestation de Vincent Lindon et la réalisation nous font vite oublier les quelques invraisemblances et simplicités du scénario.

Enfin, il me semble important de terminer ce billet en rendant hommage à ceux qui avaient compris, bien avant Fred Cavayé, Vincent Lindon, ou Diane Kruger, que définitivement : L’Amour n’a pas de loi. Des visionnaires, je vous le dis.

On y est.

Read Full Post »

lanvin1

Synopsis

Chaque jour dans notre pays, mouvements terroristes et services de renseignements se livrent une guerre sans merci au nom d’idéologies que tout oppose. Pourtant, terroristes et agents secrets mènent presque la même vie.
Condamnés à la clandestinité, ces stratèges de la manipulation obéissent aux mêmes méthodes. Alex et Al Barad sont deux d’entre eux. A la tête du contre-terrorisme de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) pour l’un et d’un réseau terroriste pour l’autre, ils s’affrontent en utilisant les armes dont les plus redoutables : les êtres humains.
Secret défense raconte leur guerre secrète à travers les destins de Diane, une étudiante recrutée par les services secrets français, et de Pierre, un paumé qui croit trouver son salut dans le terrorisme.
Formés et endoctrinés pour des missions qui les dépassent, tous deux sont pris dans un engrenage auquel ils ne semblent pas pouvoir échapper.
Seront-ils, l’un et l’autre, sacrifiés au nom de leurs « nobles » causes ?


Il ne faut pas prendre Secret Défense comme un simple film d’espionnage.

« SD » raconte l’histoire de deux jeunes un peu perdus qui se cherchent. D’un côté, il y a Diane. Étudiante en langues orientales dans le but de devenir interprète en Arabe, elle tente d’oublier son passé houleux de prostituée de luxe qui lui a permis de financer ses études. De l’autre côté il y a Pierre, le pauvre type totalement paumé qui donne peine à voir. 25 ans, barbe de 3 jours, tout le temps décoiffé, et mal habillé, la mine tristounette. Il vit chez sa mère qui sombre dans la solitude et la dépression dans un appartement miteux de la banlieue Nord Lilloise où bien souvent le D de système D vaut pour Délinquance.

Leurs vies respectives vont être transformées du jour au lendemain : l’apprentie bobo se fait recruter par la DGSE – les services de renseignement Français- sur les bancs de la Fac. L’apprenti RMIste se fait arrêter pour avoir vendu de la l’héro à un flic et fini au trou, embrigadé par des extrémistes islamistes.

C’est là que le film devient intéressant. On va assister à l’évolution des deux personnages principaux. Le plus intéressant étant le côté psychologique des épreuves qu’ils vont respectivement endurer. La formation d’Officier-Traitant (OT) et les missions-terrain au Moyen Orient pour elle, la prison et le camp d’entrainement taliban en Afghanistan pour lui. Du premier coup de pistolet au premier coup de flippe, de la première explosion à la première torture, tout y passe et on y croit. Au-delà de ça, on s’attache vite aux personnages, en particulier au jeune Pierre embrigadé dans une mouvance terroriste qui sait pertinemment que ce qu’il réalise va le mener à sa perte. Mais il le fait pour sa mère, pour montrer à celle qui ne le considère plus comme son fils qu’il est capable d’accomplir « quelque chose de grand ».

Sur la forme aussi le film est très bon. Philippe Haim a su tourner la page des Daltons et revenir en force avec Secret Défense. « Le cinéma américain est une source d’inspiration constante, le nier serait ridicule. » n’hésite pas à déclarer ledit réalisateur. Il est assez rare de voir des films français traitant d’espionnage, de services secrets, de menaces sur le territoire national et toute la panoplie paranoïaque américano-américaine qui va avec. Là où on nous pond un « Ennemi d’Etat », un « Syriana » ou un « Mensonges d’Etat » tous les 2 mois aux US, ce genre de films géo-politico-historico-servicesecreto-espionnique (notez le néologisme) se fait, à mon grand regret, assez rare en France. La réalisation est très bonne, et dès le générique d’ouverture (mélange d’images d’actualité), on entre dans le film et on en sort plus. Le rythme est là, pesant, et on vit à travers les personnages. Ceci est notamment dû au fait que le réalisateur s’est décider à filmer en grande partie caméra à l’épaule, ce qui amène encore plus le spectateur au cœur de l’action. L’apparition de personnalités spécialistes du Moyen-Orient telles que Malek Chebel ou encore l’indémodable Antoine Sfeir ne peut que ravir les amateurs de « C’est dans l’air » ou autres « Ripostes » que nous sommes tous, nous en conviendrons.

Bon c’est bien beau tout ça, mais t’en penses quoi au final ? Le film est bon, vraiment. Sur fond de mensonges et de manipulations, l’oeuvre quelque peu patriotique est jolie à regarder. Le parallélisme de la narration rythme indubitablement l’histoire. On ne sent pas l’heure quarante passer, et on en redemanderait presque encore un peu.

Seul bémol –plus pour l’anecdote qu’autre chose- la production veut nous faire croire que le siège de la DGSE est …. sur le parvis de La Défense à Paris.

A part ça, on roule.

Read Full Post »

1

Synopsis

Une cadre raciste devient noire. Elle va devoir s’y faire. En effet, pas facile, du jour au lendemain d’avoir le rythme dans la peau.

Réalisation : Etienne Chatilliez
Distribution : Valérie Lemercier, Isabelle Nanty, Anthony Kavanagh…
Scénario : Etienne Chatilliez, Laurent Chouchan

Hier, je suis allé voir « Agathe Cléry ». Bon c’est nul.

Je sais très bien qu’il ne fallait pas aller voir ce film. Déjà sur le papier, ça sentait mauvais. Et on a beau dire ce qu’on veut sur les critiques cinéma, quand toute la presse est unanime pour dire qu’un film est mauvais, on peut être tenté de la croire. Je les ai défié, ils m’ont vaincu.

Deux raisons m’ont poussé à aller voir ce film. D’abord, la présence de Valérie Lemercier. Géniale comédienne décomplexée, c’est typiquement une actrice capable de porter une comédie à elle seule comme les De Funès ou les Bourvil pouvaient le faire en leur temps. Du moins c’est ce que je croyais. La deuxième raison, c’est que le cinéma français qui s’attaque au sujet du racisme, ça a quelque chose d’inédit et de forcément intriguant. Ok, « Agathe Cléry » n’allait pas être notre « Collision » mais on pouvait espérer un petit quelque chose. On aurait eu tort.

Plusieurs choses ne vont pas du tout dans ce film :

– Il y a de quoi se demander si l’histoire ne se passe pas au début du XXème siècle quand les Noirs étaient rares en France et que les têtes blondes se demandaient si les toucher allait les tâcher. A cette époque là, oui, les gens faisaient de grands yeux lorsqu’ils rencontraient un Noir. Aujourd’hui, ça n’est plus le cas. Loin de moi l’idée de minimiser le problème du racisme. Je soutiens Morsay dans son entreprise de destruction du Front National mais de là à voir en chaque citoyen français un raciste potentiel, non. Certaines scènes sont édifiantes : Anthony Kavanagh est en voiture et se fait arrêter par une femme flic alors qu’il téléphonait au volant. Et la femme, pleine de subtilité, lui balance un « Alors, il sait pas qu’en France on n’a pas le droit de téléphoner en voiture ? ». Ca fait quelques années que je vis dans ce pays et aucun Français ne m’a jamais parlé comme ça. Je me suis peut-être déjà fait arrêté pour un délit de sale gueule mais jamais on ne m’a manqué de respect. Qu’il existe des flics racistes qui se laissent aller en banlieue, tout contents d’avoir carte blanche, je veux bien. Mais que l’on généralise toute la profession en faisant du premier flic rencontré un vilain cousin de De Villiers, c’est moche.
Il en va de même lorsque Agathe devient noire et qu’elle postule pour différents emplois. Là encore, le racisme a l’embauche est bien trop présent. Il est prouvé que cette discrimination là fait encore terriblement rage. Mais ne pas vouloir de Noirs dans leur boîte n’empêche pas les employeurs d’en avoir déjà vu. Alors que le film présente à chaque fois des cadres sortis tout droit des années 20, tout étonnés de voir quelqu’un au taux de mélanine si élevé. Ridicule.

– Vous en connaissez beaucoup des médécins qui vont revenir le dimanche pour relooker un patient ? C’est pourtant ce qui se passe. Agathe fait une tentative de suicide, elle est sauvée par une femme médecin noire qui, malgré les propos racistes et détestables de sa patiente, va s’acoquiner avec elle et, donc, venir la conseiller pour sa nouvelle coupe de cheveux et sa tenue vestimentaire. Parce qu’il y a des habits pour les Noirs, vous comprenez.

– Noire, Agathe est finalement embauchée dans une boîte jeune et dynamique, crée par un Noir et dont le seul credo est de n’embaucher aucun blanc. Et là, surprise, mais tout se passe bien dans cette boîte. Mieux, les gens ont le sourire en permanence, sont tous adorables et on comprend, lors d’une réunion d’Agathe avec deux de ses collaborateurs, que ses derniers sont beaucoup plus intelligents et travailleurs que les Blancs. Ce film est une merde sans nom.

– Dans ce film, les gens chantent aussi. Oui, Chatilliez s’est pris pour Woody Allen, Valérie Lemercier pour Julia Roberts. Mais on n’a pas affaire à « Tout le monde dit I love you ». Les chansons sont insipides, les mélodies sans saveur. Revoyez plutôt « Sweenez Todd » et imaginez qu’Agathe Cléry aille faire un tour dans le salon de Johnny Depp.

Alors ? : Un fumier sans nom. A côté, « Waterworld » du défunt Kevin Costner (ben quoi ?) c’est du Ken Loach.

Read Full Post »

Réalisation : Samuel Benchetrit
Distribution : Edouard Baer, Anna Mouglalis, Jean Rochefort,Arno, Alain Bashung…
Scénario : Samuel Benchetrit

Samuel Benchetrit est un personnage cinématographique. S’il n’existait pas, il aurait sûrement été inventé par un scénariste américain et interprété par Georges Clooney. Benchetrit, c’est une espèce de beau gosse nonchalant toujours la clope au bec, ex de Marie Trintignant et qui est une sorte d’artiste à tout faire. Un jour acteur, le lendemain écrivain et le surlendemain réalisateur.
S’il avait déjà fait un premier film remarqué avec « Janis et John », dans lequel Marie Trintignant et François Cluzet jouaient des sosies de Janis Joplin et John Lennon, Benchetrit a gagné en médiatisation avec ses « Chroniques de l’asphalte ». Cela auraît pu être le titre d’un album de rap. C’est le nom qu’a donné Samuel Benchetrit à deux de ses livres. Dans ces ouvrages, il racontait son enfance en banlieue, les coups durs qu’il y a vécu, les anecdotes, le métissage, la violence, les rires…Bref, la vie. Depuis cs livres, j’ai mémorisé le nom de Samuel Benchetrit.

Et voilà qu’en 2008, il revient avec un deuxième film « J’ai toujours rêvé d’être un gangster ». Au premier abord, on voit une superbe affiche. Anna Mouglalis, poitrine à découvert, porte son enfant, un pistolet rangé dans son pantalon. L’image est forte mais n’est pas nouvelle. En effet, elle n’est que la version féminisée de l’affiche du film de 50 Cent « Get rich or die tryin' » (A voir, ne serait ce 50 qui, pour une fois, fait dans la mesure, sans cabotiner). C’est clair, le film de Benchetrit sera plein de références.
Avec cette affiche et les derniers livres de Benchetrit, on s’attend à un long-métrage très urbain, violent, une sorte de transposition à l’écran des « Chroniques de l’asphalte ». On s’attend à voir une Mouglalis filmée en femme courage dans un film aux effets stylistiques calqués sur De palma et Scorsese avec des gros méchants et de la soul en fond sonore.

Il n’en sera rien. Si « J’ai toujours rêvé d’être un gangster » est bien une sorte d’hommage à toute une série de films, il frappe par sa lenteur. En premier lieu, il s’agit clairement d’un film de fan. Benchetrit aime Audiard et le fait savoir en réunissant 5 vieux briscards pour un dernier braquage. D’ailleurs, le caractère absurde de la scène où Rochefort et ses potes se rendent compte que leur associé n’est pas vraiment malade (enfin…) a l’air tout droit sorti d’un Woody Allen. Benchetrit aime Jarmusch et se moque de le copier royalement en réunissant cette fois Bashung et Arno. Benchetrit aime le cinéma muet et n’hésite pas à filmer toute une séquence sur le modèle des films de Chaplin. Benchetrit aime Belmondo, Pacino, Bogart, Jean-Louis Trintignant et n’hésite pas à afficher leurs photos dans le bar où Anna Mouglalis travaille.

D’un autre côté, le film est lent. Les plans séquences sont récurrents et le film prend le temps d’installer à chaque fois le contexte des 4 sketchs que Benchetrit va présenter. Si le film présente certains temps morts (le face à face Bashung/Arno ou la dialogue de départ entre Anna Mouglalis et Edouard Baer), ces derniers sont largement compensés par les quelques scènes anthologiques qu’il propose. Au premier rang desquels figure la scène de kidnapping raté qui devrait faire date.

Ce que j’en pense ? Tu me demandes ce que j’en pense ? : « J’ai toujours rêvé d’être un gangster » est un film simple qui fait la part belle aux acteurs et aux dialogues. Point d’esbrouffe ou d’effet de style. C’est le film d’un fan qui cherche à nous dire pourquoi il aime le cinéma. Voilà pourquoi j’ai aimé son film.

Et Drew Barrymore ressemble à un hamburger.

Read Full Post »