Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘film de droite’

44216136

Synopsis : Walt Kowalsky est un vétéran de la guerre de Corée. A 77 ans, il en garde encore des traces et une animosité à l’égard de toute personne qui ressemblerait de près ou de loin à Kim Jong-il. Plus que ça, sa haine est généralisée envers tout ce qu’il ne comprend pas : la jeunesse, les différentes communautés ethniques, les mœurs qui ont changé, les pelouses qui ne sont plus entretenues…Bref, Walt, qui vient de perdre sa femme, n’a plus vraiment le goût à grand chose. Un soir, il va venir, malgré lui, en aide à ses voisins qui vont immédiatement l’adopter et l’intégrer aux différents événements familiaux. And guess what ? Le vieux bourru Walt va se prendre d’affection pour ces joyeux représentants du peuple Hmong.

1. Rien de tel que quelques bonnes vannes racistes pour détendre l’atmosphère, demandez à Rupert Murdoch.

2. Inventez une société parfaite dans laquelle ceux qui essuient à longueur de journée ces blagues racistes ne bronchent pas. Jamais. « Face de citron », « Sale niakoué », « putain de jap »…Ca n’est pas bien grave. Thao arrive à encaisser ça parce que tout ce qu’il veut, lui, c’est travailler. Et peu importe s’il doit y perdre sa dignité. Oui, ça ressemble à une métaphore sur l’immigré parfait, celui qui ne cherche surtout pas à s’élever. Il accepte de faire le sale boulot et d’être traité comme un moins que rien. Après tout, il ne va pas se plaindre, il a un déjà un toit dans le plus beau pays du monde.

3. N’hésitez pas à stigmatiser les différentes communautés ethniques. Les jeunes asiatiques sont soient des Yakuzas de banlieue, soit des gamins aux cerveaux bien pleins qui baissent sans cesse la tête pour montrer tout le respect qu’ils portent à leurs interlocuteurs. Quant à leurs aînés, ils ne daignent pas parler un mot d »anglais et coupent la tête des coqs à leurs heures perdues. Foutus Barbares. Les Noirs n’ont rien d’autre à faire qu’écouter du rap, agresser les passants et proposer des tournantes aux jeunes filles. Les Latinos rodent dans le quartier en écoutant Cypress Hill et menacent tout ce qui se trouve sur leur chemin. Mais que fait Sarkozy ?

4. N’oubliez pas d’y aller de votre paternalisme occidental et de rappeler au passage que votre mode de pensée est incontestablement le meilleur.
Exemple :
« Mon père était très traditionnel, très old-school.
– Moi aussi, je suis old-school.
– Oui…Mais vous êtes américain.
-Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? »

Ben, justement, à toi de nous dire Clint ce que tu as voulu faire passer comme message. J’ai beau y mettre de la bonne volonté mais je ne vois pas. A part peut-être que les Chinois sont décidément arriérés et moins civilisés que les Américains. Mais je n’ose pas imaginer qu’un Géant de ton espèce se laisserait à de si basses considérations.

5. Point important, simplifiez les situations les plus complexes. Ne laissez pas croire un seul instant qu’un raciste ne puisse pas être « guéri » en un simple buffet folklorique aux côtés d’une grand-mère en tenue traditionnelle.
Jouez sur les sentiments les plus faciles des spectateurs. Il y a ce moment où la soeur de Thao revient après avoir été tabassée par la bande de son cousin. Visage ensanglanté et couvert d’hématomes, elle est détruite. Forcément, le spectateur, en voyant ça, est pris d’une haine toute légitime à l’égard des coupables. Ces petits salopards méritent une bonne punition. Un peu comme les médias français qui nous abreuvaient d’images chocs avant l’élection de 2002 avec en point d’orgue celle du vieillard agressé par un groupe de jeunes, « Gran Torino » ne pose aucune question. Il cherche seulement à faire réagir immédiatement et simplement le spectateur en le confrontant à une situation parfaitement manichéenne.

6. Faîtes bien comprendre que la jeunesse actuelle est un vrai désastre. Soit elle vole les voitures des exemplaires retraités, soit elle n’a plus aucun respect pour les valeurs familiales. Elle regarde ses textos pendant l’enterrement de sa grand-mère ou profère carrément des obscénités devant le cercueil de cette dernière. Pire, nos chères têtes blondes parlent et s’habillent même comme des Noirs. Le monde part en couilles et Clint lui prête ses boules.

7. Dans une société en pleine décomposition, il faut un retour à la normale, aux vraies valeurs. Oui, il faut faire régner l’ordre, récupérer ces territoires pris d’assaut par des bandes de voyous décérébrés. Pour ça, il faut opérer à l’ancienne. En guise d’exemple, Walt Kowalsky. Ancien militaire, sans peur ni reproches, Eastwood s’est ici taillé un rôle sur mesure qui n’est pas sans rappelé le Dirty Harry qui contribua à forger sa propre légende. Walt patrouille ainsi la ville pour faire le travail que la police n’est plus capable d’assurer. Ca rappelle Charles Bronson et la série des « Justicier dans la ville ». Ca n’est pas un compliment.

8. Marre que les hommes parlent comme des femmes. Une discussion entre mâles doit être viriles, pleine d’insultes et d’apostrophes racistes, de tapes énergiques dans le dos et de calottes dans la nuque. D’où le cours particulier que vont donner Walt et son ami Rital à cette « fiotte » de Thao.

9. N’oubliez pas d’impliquer l’Eglise dans tout ça. Ici, on a droit à un jeune prêtre qui dit la messe le jour et refait le monde avec Walt en buvant des pintes le soir.

10. Exaltez un petit peu le génie patriotique (le gros-plan sur la médaille à la fin) mais avec suffisamment de lourdeur histoire que l’on prenne ça pour une bonne blague (les critiques répétées de Walt à l’encontre de son fils qui vend des voitures asiatiques).

Verdict : Le sujet était casse gueule. Clint s’est ramassé. Avec « Agathe Cléry », on avait un film de gauche merdique sur le racisme. « Gran Torino », en quelque sorte, est son alter-égo. Si vous cherchez un tant soit peu de subtilité, revoyez « Collision ». Et si vous tenez absolument à rire devant des blagues racistes, regarder un bon spectacle n’importe quel spectacle de Dieudonné.

Publicités

Read Full Post »