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-L’incroyable histoire de Benjamin Button-The curious case of Benjamin Button-

Sortie : Mercredi 04 Février 2009


Réalisation : David Fincher
Distribution : Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, Taraji P. Henson, Jason Flemyng, Tilda Swinton, Jared Harris
Scénario : Eric Roth, d’après l’oeuvre de Francis Scott Fitzgerald  » The curious case of Benjamin Button »
Synopsis : Le jour qui mit un terme à la « Der des Ders » vit la naissance du jeune de Benjamin Button, être étrange qui naquit vieux et qui allait vivre sa vie à l’envers. Naitre âgé,faire ses premiers pas en chaise roulante et rajeunir de jours en jours n’est pas une tâche facile. Mais aimer quelqu’un dont la vie n’a pas le même sens, n’aide pas les choses.  Une simple histoire d’amour? Sûrement pas. Une réflexion sur la vie et le sens qu’on veut/peut lui donner. Beaucoup plus que ça.


Il est assez rare de voir un film de plus de 2h 30 au cinéma. Il est rare de voir un Steven Spielberg ou un Ron Howard abandonner des scénarios face aux difficultés de mise en scène rencontrées. Il est très rare de voir un film nominé 13 fois aux Oscars. Il est extrêmement rare de de ne pas être lassé de 155 minutes de film et d’en redemander encore et encore une fois la pellicule arrivée au bout.

Il existe des couples cinématographiques aux collaborations fructueuses tels que « Burton/Depp », « Allen/Johansson », « Besson/UMP Réno », « Marshall/Auteuil », et bien d’autres ( à vous de compléter la liste dans les commentaires si un couple vous vient à l’esprit). Désormais, il y aura le couple « Fincher/Pitt » . Alors oui, je vous vois arriver sur vos grands sabots manifester votre haine face à cette dernière phrase : « Mais quel goujat ce gus, on n’a pas attendu « Benjamin Button » pour que « Fincher/Pitt » existe!Pauv’ type » Bien entendu, non. Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écrit. Si l’on devait imager l’évolution dudit couple, « Seven » serait la rencontre, « Fight Club » la nuit d’amour, et « Benjamin Button » l’enfant prodigue né de cette relation. Dans le milieu footballistique, David Astorga aurait parlé là d’un ‘hat trick ». 3 essais, 3 buts.  Et pour Eric Roth, le scénariste, on ne parle plus de « coup du chapeau », mais bel et bien d’un « coup de grâce ». Après avoir scénarisé l’humble « Forrest Gump », « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », « Munich », ou encore  » Ali », Roth s’est attelé à adapter (très librement soit dit en passant) une nouvelle du début du 20ème sicèle de Francis Scott Fitzgerald d’une cinquantaine de page  en un chef-d’œuvre cinématographique de 2h35. Et on en redemande.

Benjamin Butto

Film fantastique, drame, romance, comédie, film historique. On ne sait pas trop sur quel pied danser. Mais une chose est sûre, « L’incroyable histoire de Benjamin Button » est un film aux multiples messages, notamment sur l’amour et sur la vie en général, le sens qu’on veut lui donner. Le sens qu’on peut lui donner. Quel est le véritable sens du temps? Vivre sa vie à l’envers nous empêcherait-il de réaliser tous nos rêves? Y-a-t-il un moment critique dans nos vies pour réaliser nos rêves les plus fous? Et le destin dans tout ça? La situation plutôt cocasse du personnage principal ne nous laisse pas indifférent. Benjamin aime Daisy. Daisy aime Benjamin. Jusqu’ici, tout va bien. Mais pour eux, la vie n’a pas le même sens. Leurs courbes d’âge vont se croiser, tout comme leurs trajectoires respectives au cours d’un 20ème siècle superbement mis en scène. Elie Roth n’en est pas à sont premier coup d’essai, puisqu’il avait réussi une prouesse identique en nous faisant découvrir les différentes facettes des Etats-Unis à travers les yeux de Gump, « Forrest Gump ». Bien que le style soit totalement différent, l’idée n’en demeure pas moins proche avec « Benjamin Button ».

On a droit tour à tour à un Brad Pitt en chaise roulante, à moitié sourd et mal-voyant dans les années 30, un Brad Pitt qui prend goût à la mer et qui découvre la cruauté de la 2nde guerre mondiale, un Brad Pitt « Peace&Love » qui ne vit que d’eau fraiche et d’amour à une époque où l’acronyme SIDA n’était pas dans les dictionnaires. Mais on a surtout droit à un Brad Pitt au top de son swagger dans les années 60, en sosie officiel de James Dean, lunettes noires, béret vissé sur la tête, blue jean, le tout emboité sur une Triumph(cf. première photo au début de l’article). A ses côtés, la superbe Cate Blanchett, la petite rouquine qui ne vit que pour la danse classique et qui va petit à petit réaliser son rêve, quittant la Nouvelle-Orléans pour vivre sa passion le matin à Paris, le soir à New-York.

benjamin-button

Librement inspiré de la nouvelle éponyme de Fitzgerald, « L’étrange histoire de Benjamin Button » n’est rien d’autre qu’un poème sur le temps, l’amour, le destin. Sur la vie. Véritable chef-d’œuvre cinématographique, les prestations des acteurs n’en sont pas moins dénaturées par des effets spéciaux haute-qualité qui ont permis tantôt de rajeunir le couple « Benjamin/Daisy », tantôt de le vieillir. Je pourrais vous en parler des heures durant tant le film est complet, mais le mieux et que vous alliez le voir. Vous ne pouvez pas rester indifférent face à une telle maitrise du cinéma. Un classique.

« -Good Night Daisy. »

« -Good Night Benjamin. »

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spielberg

Steven,

Je suis allé voir « l’Œil du Mal«  la semaine dernière. Ou la semaine d’avant, je ne sais plus.

Je ne vais pas passer par quatre chemins : je suis déçu. Pire. Je suis…troublé. Sérieusement qu’est-ce que tu nous fais là ? –ouais bon on va se tutoyer ça sera plus simple, et puis ça ne me dérange pas plus que ça.

Le Lundi tu nous amènes un extraterrestre attachant au possible qui a marqué 4 générations, le Mardi tu nous ouvres les yeux et nous projettes dans un futur à portée de main, le Mercredi tu te permets de faire revivre des êtres qui ont disparus depuis des millions d’années, le Jeudi tu vêtis ton chapeau et ton lasso, le Vendredi tu fais ta liste, le Samedi tu débarques en Normandie et le Dimanche… tu marches dans de la bouse. Et du pied droit en plus. Malheur. Je ne parle pas de la petite bouse qui se fait discrète et qu’on oublie vite. Là je parle de la grosse bouse de vache huileuse et odorante, que tu vas te trainer sur les 50 prochains mètres avant d’arriver sur le paillasson du voisin que tu vas gratifier d’un porte-bonheur inattendu.

Comme pour tout Dieu qui se respecte, le 7ème jour de la construction du Cinéma aurait dû être un jour de repos. Même pour toi. Vraiment.

Et quand je lis ‘L’Oeil du Mal, sur une idée originale de Steven Spielberg’ ..aaahh – là c’est l’expression du soupir, Steve-… ça m’irrite encore plus.

Explique-moi ce qu’il y a d’original dans ce scénario que j’aimerais résumer ainsi : C’est l’histoire d’un mec… Non. C’est l’histoire d’une nana…. Non plus… Attends laisse moi 2 petites secondes(ça doit être le temps qu’il t’a fallu pour trouver l’originalité de ton idée)

(suite…)

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2008_the_spirit_001

Synopsis

La ville hurle. Elle est sale, dangereuse et ses flics sont complètement dépassés par une criminalité tentaculaire. Octopuss, gangster et scientifique dément, en est d’ailleurs son plus fier représentant, lui qui rêve de conquérir le monde. Pour lui faire face, il n’y a que le Spirit. Protecteur de la ville au passé mystérieux, il va se donner pour but de mettre fin aux velléités de son ennemi. Et, accessoirement, d’en apprendre davantage sur lui-même.

Réalisation : Frank Miller.
Distribution : Gabriel Macht, Samuel l. Jackson, Scarlett Johansson, Eva Mendes…
Scénario : Frank Miller d’après l’oeuvre de Will Eisner.

« The Spirit » est l’événement de ce début d’année 2009. Le souvenir de Sin City, la caution Frank Miller, « Empire » qui salue la prestation de Samuel L.Jackson, une affiche alléchante et « The Dark Knight » qui a remis au goût du jour les masques de super-héros, autant d’éléments qui ont créé un joli buzz autour du dernier produit de Sony Pictures.

5 bonnes raisons de passer un bon moment devant « The Spirit »
• La photocopie d’Eva Mendes.
• Samuel L.Jackson. Tour à tour lanceur de toilettes, samouraï et officier SS. Cabotin à souhait, Samuel L.Jackson en fait des tonnes, trop parfois mais constitue une sacrée bouffée d’oxygène en face du Spirit. Quelques répliques mythiques capables de rivaliser avec sa merveilleuse tirade issue des « Serpents dans l’avion ».
• Le ton très « BD » adopté tout le long du film. Aussi bien sur le plan esthétique (les dix premières minutes, par exemple, semblent sortir directement d’une bande dessinée),de l’humour débile assumé (le premier combat entre Octopuss et The Spirit, les clones crétins fabriqués par Octopuss, le doigt ramassé à la fin) que des répliques conquérantes du protagoniste principal, « The Spirit » est clairement un album sur grand écran.
• La réussite esthétique. Visuellement, il n’y a pas grand-chose à redire. Je me souviens que, quand j’étais au lycée, un mec parlait du dernier Matrix et disait qu’il s’en était pris « plein les mirettes ». Bon ben je vais lui voler l’expression pour l’occasion. De ce point de vue là, la réussite est totale.
Remarque indispensable : la salle dans laquelle j’ai vu le film avait un problème de chauffage. Ce qui signifie que l’on avait froid, très froid. Du coup, j’étais forcément en phase avec l’histoire qui semble se dérouler dans un climat glacial. Ca a pu fausser mon impression et me donner le sentiment que Frank Miller avait parfaitement communiqué l’atmosphère de Central City au spectateur. Ca m’a ensuite rappelé le projet des Nuls et leur cinéma en odorama. L’idée était que les spectateurs aient une palette comportant plusieurs odeurs correspondant chacunes à un moment du film. En y réfléchissant, ça pourrait être une idée à creuser. Quoique, pas sûr que le passage sur le trône de Jeff Daniels dans « Dumb & Dumber » soit apprécié de la même manière dans ces conditions.
• Scarlett Johansson. A croquer, même en uniforme nazi. C’est grave docteur ?

3 bonnes raisons d’être déçu par The Spirit
• Pas assez de personnages hauts en couleurs. Là où « Sin City » faisait s’entremêler une pléiade de personnages différents, « The Spirit » se concentre sur l’histoire du héros. Dommage car entre Eva Mendes accroc au bling bling et Scarlett Johansson en apprenti sadique, il y avait de quoi développer.
• Un héros fade, justement. Après Largo Winch, c’est au tour du Spirit, et de son interprète Gabriel Macht, de manquer cruellement de charisme et de profondeur. Si Miller essaie bien de donner un peu de complexité au Spirit en exhumant son passé douloureux, la mayonnaise ne prend pas vraiment.
« The Dark Knight 2 » ? Il faut bien l’avouer, il y a un côté « wanna be Bruce Wayne » chez The Spirit. Esprit torturé, passé ombrageux, amoureux désenchanté reconverti en homme à femmes, mortelle solitude… Et le fait qu’il combatte un cousin éloigné du Joker Octopuss n’arrange pas les choses.

1 bonne raison de s’en foutre
Gabriel Macht.

Finalement, ça dit quoi ? Si vous cherchez un bon divertissement, ce film est pour vous. Qui plus est, c’est une adaptation de comics qui pourra plaire aux fans de comics ce qui est assez rare pour être souligné. Juste dommage que le héros ne soit pas plus « cool ». Un petit peu comme dans « The Dark Knight », ce sont les seconds couteaux qui gagnent toute l’attention des spectateurs. Et le trio Jackson/Johansson/Mendes vaut le détour.

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largo

Synopsis

Nerio Winch, PDG d’une énorme multinationale, est retrouvé mort près de son modeste yacht. Forcément, les rapaces se précipitent pour lui succéder. Sauf que Nerio était un homme malin et avait préparé ce moment consciencieusement en faisant de Largo, son fils adoptif, son héritier légal et l’actionnaire majoritaire de la boîte en cas de pépin. Mais Largo n’a pas exactement le profil du fils à papa type : il va se mettre en tête de retrouver l’assassin de son père.

Réalisation : Jérôme Salle
Distribution : Tomer Sisley, Kristin Scott-Thomas, Mélanie Thierry…
Scénario : Julien Rappeneau & Jérôme Salle d’après l’oeuvre de Jean Van Hamme & Phillipe Franck.

Pour qui connaît la bande dessinée de Jean Van Hamme, l’intrigue n’est pas neuve. Héritier d’un empire colossal, Largo Winch, éternel vagabond, doit faire face aux rivalités et contenir les ambitions débordantes de ses collaborateurs. Car plus qu’une simple BD d’action pour adultes, « Largo Winch » a toujours baigné dans le monde de l’entreprise, du capitalisme, du dollar, des immenses buildings et des costumes de luxe. Le troisième album s’intitulait « O.P.A » et les aventures de Largo nous obligeaient à nous familiariser rapidement avec les termes financiers chers aux journalistes de « Capital ». D’ailleurs, le dernier album en date avait été publié en plusieurs parties dans « Le Point ».

Là-dessus, il faut reconnaître que Jérome Salle, réalisateur du film, est resté très fidèle à l’esprit de la bande dessinée. Les mecs se battent en costume dans des scènes d’action plutôt bien chorégraphiées sans être pour autant époustouflantes, le siège du groupe W paraît sortir tout droit des bandes de Van Hamme et Tomer Sisley ressemble assez à l’image qu’un lecteur pouvait se faire de Largo Winch.

Empruntant un peu à l’univers de James Bond et beaucoup à celui de Jason Bourne, « Largo Winch » est un film en deux temps. On dira que la première partie sert davantage à planter le décor et à nous présenter le protagoniste principal. Adopté par un riche entrepreneur, il n’a eu de cesse de fuir son destin en parcourant le monde à la rechercher de nouvelles expériences. A ce titre, la première apparition de Largo Winch est édifiante : alors qu’il remonte un certain fleuve dans un certain pays d’Amérique du Sud, il en profite pour se faire tatouer un symbole synonyme d’invincibilité. Sans même laisser le temps au tatoueur de finir son œuvre, il s’en va à la rescousse d’une jeune femme abusée par de sombres goujats. Voilà pour les présentations : jouisseur, pas matérialiste pour un sou, toujours prêt pour secourir la veuve et l’orphelin, sans peur ni reproches, Largo Winch dit « avoir tout le temps », temps qu’il utilise à parcourir le monde. A chacun sa routine quotidienne. Seulement, le monde de Largo va être ébranlé quand il va apprendre la mort de son père et l’héritage qui lui revient. Indispensable pour présenter le personnage (et lancer une franchise que l’on voit gros comme une maison), cette première partie manque cruellement de rythme par moments. Après tout, on est venu voir un film d’action et, là, ça pète pas assez.

La deuxième partie du film est mieux ficelée. Capitalisme sauvage, manipulations, complots, trahisons, tout y passe. Et on finit par se prendre au jeu lorsque ça s’accélère considérablement dans les trente dernières minutes du film. En effet, à partir du moment où Largo va chercher à Sarajevo les documents lui donnant l’actionnariat majoritaire, on a le sentiment d’être, enfin, dans un rythme de véritable film d’action/espionnage/galipettes.

Toutefois, on a le sentiment qu’il manque plusieurs éléments qui auraient permis au film d’avoir une toute autre ampleur :
• Plus que d’être en deux temps, le film a davantage l’air d’être entre deux chaises. Jérôme Salle essaye vraiment de conserver l’esprit de la bande dessinée en donnant de la profondeur au personnage de Largo. Du coup, beaucoup de lenteur et, décidément pas assez de rythme.
• Des vilains un peu plus charismatiques n’auraient pas été de trop. Ici, l’adversaire est d’ailleurs flou puisqu’il change au moins trois fois de visage pendant le film. Le plus important c’est définitivement Largo.
• Sauf que Largo Winch est interprété par un mec qui doit avoir Keanu Reeves comme modèle absolu. Sans blagues, Tomer Sisley est tristement fade. Aucune expression du visage, quelques sourires qui ne manqueront pas de plaire aux femmes tout au plus mais rien de bien notable. Son cas est réglé : il n’est pas drôle, a joué dans « Studio Sud » et est un mauvais acteur.

Quelques remarques anecdotiques :
Dans ce film, la gente féminine est vue sous un angle bien particulier. Le personnage de Kristin Scott-Thomas est une garce débordante d’ambition prête à manipuler n’importe qui pour arriver à ses fins. Celui de Mélanie Thierry est une prostituée qui joue avec les hommes pour gagner sa vie. Enfin, la jolie fille de l’Est répondant au prénom de Mélina (enfin si mes souvenirs sont bons) n’est malheureusement pas développée comme si son histoire paraissait insignifiante. Pourtant, il y aurait des choses à en dire sur ce personnage : elle rêvait de faire le tour du monde avant de reprendre finalement le cabinet de son père, esquisse un sourire ravageur et est complètement consciente de sa vie de merde. Malheureusement, Jérôme Salle a préféré s’attarder sur les garces.
Un moment Largo Winch se retrouve dans l’eau après avoir pris une balle. On pense qu’il va mourir. Mais en fait non. Ca m’a fait penser à la géniale scène de fin de « La vengeance dans la peau ».
Respect à Gilbert Melki. Définitivement une tête de lâche.

Ton avis gros ? : C’est assez rare pour être souligné mais on se dit qu’une suite pourrait être une bonne chose. Ce premier opus a perdu en rythme à force de vouloir planter le décor. Une bonne grosse deuxième partie centrée sur l’action serait de bon augure. A condition de changer d’acteur principal. Sinon, revoyez la trilogie Jason Bourne.

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Synopsis

Lisa et Julien sont mariés et mènent une vie heureuse et sans histoire avec leur fils Oscar. Mais leur vie bascule, quand un matin la police vient arrêter Lisa pour meurtre. Elle est condamnée à 20 ans de prison. Persuadé de l’innocence de sa femme, Julien décide de la faire évader.cJusqu’où sera-t-il prêt à aller « pour elle » ?

Il arrive parfois d’aller au cinéma sur un coup de tête. C’est ce que j’ai fait en allant voir ‘Pour Elle’. Avec un titre pareil, on s’attend plus à une suite de « P.S. I Love You » qu’à un remake français de « La Grande Evasion » ou de « L’Evadé d’Alcatraz ».

Certes, j’avais vu la bande-annonce d’un œil distrait, mais je n’avais pas plus accroché que ça. Et mon côté  bobo « nostalgique néo romantique aux actions bucoliques » me faisait croire indubitablement à une histoire d’amour pure et simple. Une ‘Je t’aime, moins non plus’ comme on en voit toutes les 2 semaines au cinéma – et tous les 2 mois dans la vraie vie, ndlr.

Alors, bien sûr le film est fondé sur l’amour que porte un mari à sa femme, et sans Cupidon le film n’existerait pas. Mais au final, le scénario est plus proche de celui du pilot de Prison Break que de celui d’ « Un Homme et une Femme ». Pour faire simple, « Pour Elle » raconte l’histoire d’un couple trentenaire, tout ce qu’il y a de plus normal (bébé, boulot, berline et appartement en prime), dont la vie va basculer du jour au lendemain (je sais, cette phrase fait cliché, mais c’est le cas). Lisa, jouée par Diane Kruger, est une jeune maman-cadre qui va être arrêtée et condamnée pour un meurtre qu’elle n’a pas commis. Dès lors, Vincent Lindon, aka Julien, le professeur de collège qu’il incarne, va tout faire pour l’extraire de l’enfer qu’elle vit, quelqu’en soit le prix.

Le film a deux –gros- intérêts.

Le premier est l’évolution de Julien, père de famille posé qui va devoir sacrifier sa vie et l’enfance de son fils pour pouvoir espérer sauver sa femme. Il va dès lors jongler entre le Pilot V5 en tant que sabre laser le jour avec ses élèves et le revolver chargé pour faire face aux vilains gaillards qu’il va rencontrer la nuit. Au final, et si l’on veut simplifier les choses, le film raconte l’histoire de Monsieur Tout-Le-Monde qui tente l’impossible –faire évader sa femme de prison-, dans un monde pour lequel il n’était pas prédestiné –le grand banditisme-.

Le film tente de montrer comment ce professeur de français qui jusqu’ici ne traitait qu’avec des lanceurs de boulettes de papiers va s’en sortir entre tueurs, anciens évadés, et autres dealers de boulettes (pas de papier cette fois ci). L’erreur judiciaire et les faits qui accablent sa moitié reversent les crédos qui lui semblent [désormais] erronés : quand la justice ne fait pas son boulot, il faut le faire à sa place – à ce moment là du billet, Judge Dredd se serait exclamé : La Loi, c’est moi

Vincent Lindon est très bon dans son rôle. On s’attache vite au personnage, et par-dessus tout à la cause qu’il défend. Le réalisateur réussit à faire en sorte que le spectateur, au-delà de l’identification au personnage lambda qu’est Julien, se retrouve à pardonner l’impardonnable. On a rarement fait mieux dans le style ‘La fin justifie les moyens’ depuis l’avènement de notre grand sauveur S.A.S Jack Bauer dans 24.

Le deuxième bon point du film va au réalisateur. Monsieur Cavayé, chapeau bas. Pour un premier essai derrière la caméra dans un long métrage, il n’y a pas grand-chose à (re)dire.

Le film débute sur les chapeaux de roue avec une scène d’ouverture comme on les aime qui laisse planer le suspens jusqu’aux trois-quarts du film, où l’on revient à ladite scène d’ouverture. J’aime. On est tendu de la 1ere minute à la dernière seconde. Tout comme pour Secret Défense, je pense qu’on doit beaucoup à la caméra à l’épaule qui est vraiment privilégiée dans ce film. Encore faut-il savoir bien l’utiliser, sans donner le tournis et des nausées au spectateur (pour tous conseils techniques de caméra à l’épaule, s’adresser directement à ce Monsieur pour ce film en particulier). Au-delà de ça, certaines scènes marquantes sont filmées à la 3eme personne, ce qui permet de s’identifier encore plus aux personnages et de s’approprier leur histoire.

So what ?

Bien qu’un peu simpliste sur les bords, le scénario tient la route et le spectateur se laisse mener de lieux en lieux, de rebondissements en rebondissements tout au long du film. Je dis simpliste car on a quand même parfois l’impression que le professeur de Français a réussi à se procurer ‘L’évasion pour Les Nuls’ préfacé par Mesrine aux éditions Anglin Bros & Morris. Mais la prestation de Vincent Lindon et la réalisation nous font vite oublier les quelques invraisemblances et simplicités du scénario.

Enfin, il me semble important de terminer ce billet en rendant hommage à ceux qui avaient compris, bien avant Fred Cavayé, Vincent Lindon, ou Diane Kruger, que définitivement : L’Amour n’a pas de loi. Des visionnaires, je vous le dis.

On y est.

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burn

Synopsis

Du cocufiage, le FBI, l’ambassade de Russie, le plus beau mec d’Hollywood métamorphosé en beauf attachant, John Malkovich, des espions qui n’en sont pas et, bien sûr, Frances Mcdormand : bienvenue chez les Frères Coen.

Réalisation : Les Frères Coen
Distribution : Brad Pitt, John Malkovich, George Clooney, Frances Mcdormand..
Scénario : Les Frères Coen d’après l’oeuvre de Stansfield Turner.

Il existe des films dont on sait qu’ils vont être encensés par la critique. Tout le monde aime les Frères Coen. Ils ont eu une palme d’Or pour un film qui ne le méritait pas vraiment, sont régulièrement chouchoutés par la presse (ce ne fut malheureusement pas le cas pour « The barber » qui, pour le coup, aurait mérité davantage d’exposition) et ont, il faut bien l’avouer, une jolie filmographie à leur actif.
Tout le monde aime aller voir de bonnes grosses stars dans une bonne grosse comédie. Mais ce que le public apprécie le plus c’est de voir des stars utilisées à contre-emploi. Besoin d’identification oblige, le spectateur lambda aime se sentir proche de Travolta dans « Pulp fiction » quand il apprend que, lui aussi a besoin d’aller aux toilettes pour expulser le Mcdo de la veille. Dans « Burn after reading », Georges Clooney porte la barbe et rentre son polo dans le jean alors que Brad Pitt a une dégaine de fan de Johnny Halliday. Ca va plaire c’est sûr.
Ajoutez à cela des seconds couteaux talentueux (Frances Mcdormand bien sûr, habituée des productions Coen, mais surtout John Malkovich qui peut concurrencer Tony Montana au nombre de « fuck » prononcés en 90 minutes), des documents secrets-défense (enfin, pas tant que ça finalement) qui se retrouvent dans les mains d’employés d’un club de fitness, quelques dialogues bien sentis et vous avez « Burn after reading ». Comédie de l’année hein ?

Pas vraiment, non. Il y a des bons moments dans ce film, c’est indéniable. D’abord, il y a Brad Pitt, décidément excellent lorsqu’on ne lui demande pas de jouer pour la gente féminine (« Rencontre avec Joe Black », quelle horreur). Le monde a basculé (et la vie de Seth Gueko avec) lorsqu’il avait interprété le gitan de « Snatch », Hollywood va se tordre de rire devant le personnage de Chad, grand benêt employé d’un club de fitness et détenteur d’un déhanché du tonnerre. Dommage que le scénario réduise brusquement le temps de présence à l’écran de celui qui fut révélé par « Thelma & Louise ». Ensuite, il y a évidemment Clooney. Erotomane compulsif, tchatcheur invétéré et sourire dévastateur, Georges est parfait. John « Fucking » Malkovich est épatant en ex-agent de la CIA rempli de rancœur. Pour qui l’a vu il y a peu en pasteur dans « L’échange », sa prestation est forcément épatante. Les autres seconds rôles sont tous excellents avec une mention spéciale pour J.K Simmons, percutant en patron de la C.I.A fatigué et nonchalant.

Là où le film pêche c’est clairement par manque de rythme. Non seulement, l’histoire met un certain temps à démarrer réellement mais, même lorsque l’intrigue est enfin mise en place, on ne parvient pas à se prendre complètement au jeu. Et on attend fébrilement que ça parte un peu en live comme disaient les jeunes à l’époque où Jospin avait encore des fonctions gouvernementales. En effet, on aimerait assister à une avalanche de gags, de situations saugrenues et de répliques punchlinesques. Surtout, on aimerait que tous ces formidables acteurs se confrontent véritablement à l’écran. Ce qui n’arrive que très rarement ou seulement dans les dix dernières minutes du film. Au lieu de ça, les frères Coen déroulent tranquillement l’intrigue, sans se presser, en saupoudrant la bobine de quelques bons moments, hélas trop rares.

Finalement, qu’est-ce que t’en dis Papi ? : « Burn after reading » aurait pu être une formidable comédie mêlant bons mots et satyre de la société Big Brother chère aux Américains. Au lieu de ça, on a beaucoup de creux et quelques sourires. Le problème c’est qu’on voit très bien là où les frères Coen ont voulu aller mais qu’ils s’en approchent à peine. Dommage.

Ceci dit, les acteurs sont remarquables.

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lanvin1

Synopsis

Chaque jour dans notre pays, mouvements terroristes et services de renseignements se livrent une guerre sans merci au nom d’idéologies que tout oppose. Pourtant, terroristes et agents secrets mènent presque la même vie.
Condamnés à la clandestinité, ces stratèges de la manipulation obéissent aux mêmes méthodes. Alex et Al Barad sont deux d’entre eux. A la tête du contre-terrorisme de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) pour l’un et d’un réseau terroriste pour l’autre, ils s’affrontent en utilisant les armes dont les plus redoutables : les êtres humains.
Secret défense raconte leur guerre secrète à travers les destins de Diane, une étudiante recrutée par les services secrets français, et de Pierre, un paumé qui croit trouver son salut dans le terrorisme.
Formés et endoctrinés pour des missions qui les dépassent, tous deux sont pris dans un engrenage auquel ils ne semblent pas pouvoir échapper.
Seront-ils, l’un et l’autre, sacrifiés au nom de leurs « nobles » causes ?


Il ne faut pas prendre Secret Défense comme un simple film d’espionnage.

« SD » raconte l’histoire de deux jeunes un peu perdus qui se cherchent. D’un côté, il y a Diane. Étudiante en langues orientales dans le but de devenir interprète en Arabe, elle tente d’oublier son passé houleux de prostituée de luxe qui lui a permis de financer ses études. De l’autre côté il y a Pierre, le pauvre type totalement paumé qui donne peine à voir. 25 ans, barbe de 3 jours, tout le temps décoiffé, et mal habillé, la mine tristounette. Il vit chez sa mère qui sombre dans la solitude et la dépression dans un appartement miteux de la banlieue Nord Lilloise où bien souvent le D de système D vaut pour Délinquance.

Leurs vies respectives vont être transformées du jour au lendemain : l’apprentie bobo se fait recruter par la DGSE – les services de renseignement Français- sur les bancs de la Fac. L’apprenti RMIste se fait arrêter pour avoir vendu de la l’héro à un flic et fini au trou, embrigadé par des extrémistes islamistes.

C’est là que le film devient intéressant. On va assister à l’évolution des deux personnages principaux. Le plus intéressant étant le côté psychologique des épreuves qu’ils vont respectivement endurer. La formation d’Officier-Traitant (OT) et les missions-terrain au Moyen Orient pour elle, la prison et le camp d’entrainement taliban en Afghanistan pour lui. Du premier coup de pistolet au premier coup de flippe, de la première explosion à la première torture, tout y passe et on y croit. Au-delà de ça, on s’attache vite aux personnages, en particulier au jeune Pierre embrigadé dans une mouvance terroriste qui sait pertinemment que ce qu’il réalise va le mener à sa perte. Mais il le fait pour sa mère, pour montrer à celle qui ne le considère plus comme son fils qu’il est capable d’accomplir « quelque chose de grand ».

Sur la forme aussi le film est très bon. Philippe Haim a su tourner la page des Daltons et revenir en force avec Secret Défense. « Le cinéma américain est une source d’inspiration constante, le nier serait ridicule. » n’hésite pas à déclarer ledit réalisateur. Il est assez rare de voir des films français traitant d’espionnage, de services secrets, de menaces sur le territoire national et toute la panoplie paranoïaque américano-américaine qui va avec. Là où on nous pond un « Ennemi d’Etat », un « Syriana » ou un « Mensonges d’Etat » tous les 2 mois aux US, ce genre de films géo-politico-historico-servicesecreto-espionnique (notez le néologisme) se fait, à mon grand regret, assez rare en France. La réalisation est très bonne, et dès le générique d’ouverture (mélange d’images d’actualité), on entre dans le film et on en sort plus. Le rythme est là, pesant, et on vit à travers les personnages. Ceci est notamment dû au fait que le réalisateur s’est décider à filmer en grande partie caméra à l’épaule, ce qui amène encore plus le spectateur au cœur de l’action. L’apparition de personnalités spécialistes du Moyen-Orient telles que Malek Chebel ou encore l’indémodable Antoine Sfeir ne peut que ravir les amateurs de « C’est dans l’air » ou autres « Ripostes » que nous sommes tous, nous en conviendrons.

Bon c’est bien beau tout ça, mais t’en penses quoi au final ? Le film est bon, vraiment. Sur fond de mensonges et de manipulations, l’oeuvre quelque peu patriotique est jolie à regarder. Le parallélisme de la narration rythme indubitablement l’histoire. On ne sent pas l’heure quarante passer, et on en redemanderait presque encore un peu.

Seul bémol –plus pour l’anecdote qu’autre chose- la production veut nous faire croire que le siège de la DGSE est …. sur le parvis de La Défense à Paris.

A part ça, on roule.

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