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Archive for avril 2009

Peu importe les « Bangkok Dangerous », « Predictions » et autres « Next » : Nicolas Cage est le plus grand comédien de sa génération.

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Réalisation : Bertrand Tavernier
Distribution : Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard
Scénario : Mary Olson & Jerzy Kromolowski d’après l’oeuvre de James Lee Burke
Synopsis : Dans une petite ville de Louisiane, le corps d’une jeune femme est retrouvé déchiqueté près des marais. Dave Robicheaux, chargé de l’enquête va s’investir corps et âme au point d’aller déterrer des cadavres que tout le monde s’était empressé d’oublier …

Le dernier film de Bertrand Tavernier est dans les salles et, pour l’occasion, un contributeur extérieur, Mikl, a voulu se joindre à nous et y aller de sa critique. On l’accueille volontiers d’autant plus que le film ne l’a pas franchement laissé insensible… Exceptionnellement, « Dans la brume électrique » aura droit à un billet en deux parties : Pour et Contre.

Pour (par Mehdi)

Ne passons pas par quatre chemins : « Dans la brume électrique » est une réussite totale. Adapté d’un roman de James Lee Burke, cette collaboration aussi inattendue que maîtrisée entre Bertrand Tavernier et Robert Mitchum Tommy Lee Jones s’impose comme l’un des grands films du premier semestre 2009.

Plus jeune, je détestais quand quelqu’un disait d’un film qu’il était étrange ou bizarre. Chacun est bien évidemment libre d’apprécier un film, et toute autre œuvre artistique d’ailleurs, à sa façon mais ces termes ne renvoient à rien de bien défini, à aucun concept, aucune idée. On dit d’un film qu’il est bizarre quand on n’a pas compris grand-chose à l’intrigue ou que la réalisation est trop (ou pas assez) sophistiquée pour nous. En gros, « Mulholland drive » et la plupart des films de David Lynch sont bizarres, « Les lois de l’attraction » est un film réalisé de façon étrange, idem pour « Brazil » ou « Blade Runner ». Alors que dix mille autres expressions seraient parfaites pour décrire ces films, le spectateur désarçonné préfère tristement les réduire à une œuvre bizarre et/ou étrange.

Si je fais cette précision, c’est justement que l’envie m’est venue de qualifier « Dans la brume électrique » d’œuvre étrange. Avant de me rappeler que ça ne signifiait pas grand-chose. Toutefois, il y a dans le dernier film de Tavernier quelque chose qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère des films de David Lynch. Comme dans « Sailor & Lula » ou, évidemment, « Mulholland drive », à plusieurs reprises on ne sait pas vraiment si l’on est dans le rêve ou la réalité, si les personnes avec qui l’on s’entretient sont vivantes ou en live de l’au-delà. Parce qu’en plus d’être un policier remarquablement mené, « Dans la brume électrique » est un film sur les morts, ces corps reposant sous terre dont les esprits et leurs souvenirs continuent de perturber les vivants. Ces fantômes qui ne sont pas là pour vous terroriser mais simplement pour faire en sorte que vous n’oubliez pas, que vous ne les oubliez pas.

Hormis cela et les scènes déroutantes que ça engendre, « Dans la brume électrique » est un policier magnifiquement mené de bout en bout. Tavernier nous emmène dans une longue et lente ballade dans cette Louisiane ravagée par Katrina dont les habitants paraissent absolument seuls au monde. Un vieux guitariste qui a le blues, un acteur alcoolique au fond du trou, un gangster qui investit ses billes dans la production de films… Des personnages haut en couleurs qui ont tous un rôle à jouer au fur et à mesure que l’intrigue se déroule.

« Dans la brume électrique » repose aussi sur les larges épaules de Tommy Lee Jones qui semble avoir fait sienne la célèbre phrase de Robert Mitchum : « This is not a tough job. You read a script. If you like the part and the money is O.K., you do it. Then you remember your lines. You show up on time. You do what the director tells you to do. When you finish, you rest and then go on to the next part. That’s it. » Charismatique à souhait, Tommy Lee Jones donne l’impression de ne rien faire ou si peu. Il se contente simplement d’être là comme s’il honorait le spectateur de sa présence. Et ça fonctionne terriblement bien.

Film anachronique tant par sa mise en scène que par son personnage principal – Dave Robicheaux qui emprunte un peu à la brutalité de Cagney et beaucoup au flegme de Bogart -, « Dans la brume électrique » tient le spectateur en haleine pendant plus de deux heures. Et non sans un certain brio. Si l’on peut regretter un dénouement un brin trop rapide en comparaison de la durée du film, la scène finale finit de nous convaincre que l’air de la Louisiane fait du bien à Tavernier.

P.S : Ca doit tout de même lui faire bizarre au père Tavernier de passer de Phillipe Torreton à Tommy Lee Jones.

Contre (par Mikl)

Depuis « Da Vinci Code », l’heure est à l’adaptation de best-seller. Soit.
Le cinéma Hollywoodien paye bien et surtout permet une reconnaissance artistique internationale, que ce soit pour l’acteur ou, et c’est ici le sujet, pour le réalisateur (en l’occurrence français). Soit.
Mais là, non !

A la vue de la bande-annonce de son dernier film, « In The Electric Mist », Bertrand Tavernier nous laissait présager du gros, du très gros. Un Tommy Lee Jones au sommet de son art après des cartons ( « Space Cowboys », « Men in Black » ou plus récemment, (plus sérieusement aussi !), « No Country for Old Men » et « In the Valley of Elah »), une intrigue parfaite pour son énorme charisme (un ancien détective alcoolique se lance sur les traces d’un tueur en série dans un village au fin fond de la Louisiane). Sans oublier un John Goodman souvent très bon, notamment dans les « Blues Brothers » ou dans SON film référence « The Big Lebowski ». Bref, du lourd en perspective.

Mais dès le début, c’est le drame. A peine le film débuté, on a le droit à une scène on ne peut plus banale pour mettre en situation la caractère du personnage : Tommy Lee Jones repousse le verre d’alcool qu’il vient d’acheter au bar dans lequel il est seul face à lui-même, ça va sans dire. Virilité, force de caractère, solitude : tout est bon, hormis la mise en scène digne d’une série B.

Et là commence le labyrinthe cérébral mal orchestré par Bertrand : Tommy Lee Jones, en plus de retrouver la femme tuée par le serial killer, retrouve le corps d’un noir mort en 1965. Pour élucider ces mystères, il interroge ses amis, dont un noir âgé qui lui répond sans lui répondre car « on est toujours en Louisiane ici », mais aussi son ennemi avec qui il est allé en classe et qui est aujourd’hui un truand local (interprété par Jonh Goodman qui n’est pas arrangé par le film, voir notamment sa sortie de piscine).
Attention spoiler : Bien évidemment, on tente de tuer notre cher ancien détective que ça a l’air de laisser mais alors complètement indifférent, à tel point qu’on se demande même s’il comprend qu’on veut sa peau. Ca nous donne d’ailleurs la scène assez grotesque du bateau dont on comprend dès le début la fin. Il passe son imperméable à une femme déjà trempée qui, ô surprise, se fait tirer dessus par une balle tirée d’une voiture présente depuis un bon quart d’heure, la fenêtre baissée depuis autant de temps alors qu’il pleut à torrent, ce qui ne nous laisse pas présager du tout ce qu’il va se passer.
A cela s’ajoute des petites scènes, qui m’apparaissent comme étant des petits délires, dans lesquelles Tommy parle à un général, qui n’ajoutent que peu à l’intrigue déjà moyenne.
La fin se passe de commentaires, surtout qu’on ne comprend pas (ou en tout cas je n’ai pas compris) qui a tué la jeune fille du début…

En conclusion, on retrouve un film à l’intrigue assez tordue limite parfois grotesque, au prétexte de vouloir créer une atmosphère de thriller à laquelle on n’accroche que 15 minutes, un film où il y a des personnages complètement anodins ce qui en soit n’est pas grave mais qui ici favorisent l’incompréhension générale, un film où l’on a l’impression qu’ils n’ont pas eu le temps de tourner une fin digne de ce nom.
Je dirais donc que si vous êtes, comme moi, fasciné par ce grand acteur qu’est Tommy Lee Jones et ses prestations une fois encore bien au-dessus de la moyenne, allez le voir, mais pour le film… ne vous attendez surtout pas à être électrisé.

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Il fut un temps où John Woo et Nicolas Cage semblaient avoir une relation particulière comme si l’un voulait faire de l’autre son acteur fétiche. Après le carton que fut « Volte/Face », le duo s’était reformé le temps d’un « Windtalkers » qui n’a malheureusement pas tenu ses promesses mettant ainsi fin prématurément au binôme pourtant prometteur. Depuis, s’ils ont pris des chemins séparés, leurs choix respectifs ne se sont pas avérés extrêmement judicieux. En réalisant deux longs-métrages totalement anecdotiques ( « Hostage » avec Clive Owen et « Paycheck » avec Ben Affleck), John Woo s’est un petit peu grillé à Hollywood ces derniers temps, passant en quelques années du statut de valeur sûre du box-office à celui de réalisateur virtuose incapable de sortir de la démonstration de style quitte à délaisser complètement le fond (qui a dit Brian de Palma ?).
Quant à Nicolas Cage…[Insérez ici un énorme soupir de désespoir]. Nicolas Cage est une sacrée énigme. Acteur ultra-doué, abonné dans sa jeunesse aux comédies gentillettes, grands réalisateurs, chefs d’œuvre non-identifiés et auteur d’une des plus grandes prestations de l’histoire (facile !), le neveu de Francis Ford Coppola avait tout du Tom Hanks en puissance. Sauf que Nick a l’air de se moquer des Oscars et autres Golden Globe comme du premier film de Ted Danson. Ce qu’il aime lui c’est cogner, tourner avec une pléiade de bombes sexuelles et faire péter le box-office. Et depuis qu’il a mis le pied dans l’engrenage avec « Rock », le bougre ne peut plus s’arrêter. Depuis 2004, il est sur une série exceptionnelle : la franchise Benjamin Gates – sympathique mais bon…Indy rules-, « The Wicker Man », « Ghost rider » , « Next », « Bangkok Dangerous » …Et pourtant, il s’est quand même payé le luxe d’occuper le premier rôle d’un des plus grands films de ces dernières années avec « Lord of War ».
Aujourd’hui, John Woo et Nicolas Cage sont tous les deux dans les salles. Le premier pour « Les Troix royaumes », censé marquer son grand retour en Chine. Le deuxième pour « Prédictions », film catastrophe réalisé par Alex Proyas, capable du meilleur ( « The crow », « Dark city » ) comme du très efficace ( « I Robot » ).

Les trois royaumes
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Réalisation : John Woo
Distribution : Tony Leug, Takeshi Kaneshiro, Zhang Fengyi…
Scénario : John Woo, Khan Chan, Kuo Chang, Sheng Heyu

L’intrigue ? En l’an 208 de notre ère, La Chine comporte trois royaumes distincts. Son premier ministre Cao Cao a des rêves de grandeur et, doté d’une armée impressionnante, veut gouverner une Chine unie. Liu Bei, qui dirige le royaume du Sud-Ouest, va s’unir à Sun Quan pour faire face à l’offensive de Cao Cao.
La durée : 2h25 minutes.
Le pressentiment avant la séance : Avoir affaire à une grande fresque romanesque ennuyeuse sur les bords mais remplie de quelques grands moments.
Le sentiment à la fin de la séance : On a vu une grande fresque romanesque ennuyeuse sur les bords mais remplie de quelques grands moments.

Si c’est la première fois que John Woo s’essaye au genre, il n’empêche qu’on reconnaît sa pate immédiatement. Outre les petits détails détails qui font la différence (la présence de l’inévitable colombe entre autres), on retrouve les terrains de prédilection du cinéaste. Les hommes sont des brutes, seul l’amour, le vrai, vaut la peine d’être vécu. On apprend même que Cao Cao mène cette guerre impitoyable pour une femme en réalité.
Au programme donc, des scènes de combat joliment chorégraphiées, quelques grands moments de bravoure, des acteurs parfaitement à l’aise dans leurs costumes (mention spéciale à Takeshi Kaneshiro, impeccable dans le rôle du stratège de Liu Bei) et une très belle photo.

Il n’en demeure pas moins que :
– 2H25 c’est long et on a tout de même l’impression que John Woo voulait à tout prix réaliser sa grande fresque historique. L’intrigue se serait très bien tenue en 1H40.
– Le film détient quelques grands moments de n’importe quoi. En vrac, un des généraux de Liu Bei qui, en plein combat, décide d’y aller façon rugbyman et de mettre des tampons à tout ce qui se présente devant lui y compris les chevaux, un personnage féminin criant de naïveté et qui passe ses journées à écrire paix partout dans sa maison et une scène finale qui n’est pas sans rappeler les plus grands moments de « Brokeback Mountain ».
– On ne peut s’empêcher de penser que certains dialogues manquent un peu d’épaisseur : « La seule façon d’éviter la guerre c’est la guerre »…Ahem, comment dire…

Annoncé comme le grand retour en force de John Woo, « Les trois Royaumes » n’est pas la réussite annoncée. Toutefois, le réalisateur fait définitivement partie de ces cinéastes capables de rendre des scènes regorgeant de violence presque belles à regarder. C’est déjà ça.

Prédictions
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Réalisation : Alex Proyas
Distribution : Nicolas Cage, Rose Byrne, Chandler Canterbury…
Scénario : Stiles White, Juliet Snowden,

Une chose m’a profondément embêté à la sortie de la salle : l’espèce de tentative d’intellectualisation foireuse du propos à la fin du film. J’aurai aimé vous dire que « Prédictions » est un bon gros film de science-fiction comme les américains savent le faire avec des chutes de météorites, des aliens flippants et une histoire d’amour en bonne et due forme. Mais le dernier film d’Alex Proyas n’est rien de tout ça. Enfin, force est de reconnaître que les scènes d’action sont d’un spectaculaire à couper le souffle : le crash d’avion et le détournement du métro sont de vraies démonstrations de techniques.
Mais l’essentiel du film est, hélas, ailleurs. En 1959, les élèves d’une école primaire enterrent des dessins censés imaginer le futur devant l’entrée de leur établissement. Le but étant que 50 ans plus tard, leurs successeurs les déterrent et se rendent compte qu’ils étaient complètement à côté de la plaque avec leurs voitures volantes et leurs monstres verts déambulant dans les rues de New York. Sauf que Caleb (nom biblique s’il en est) a droit à un dessin un peu particulier : une suite de nombres obscurs et incompréhensibles. Son scientifique de père – Nicolas Cage – va s’y intéresser et découvrir, au bout de 5 minutes à peine, que ce bout de papier prédisait en réalité les plus grandes catastrophes de ces 50 dernières années en fournissant la date, le nombre de morts, la latitude, la longitude…Du travail de pro. Sauf que trois catastrophes ne sont pas encore arrivées…Va-t-il être possible de les arrêter ?

Il est juste qu’il ne fallait pas espérer grand-chose d’un tel film mais, tout de même, passer un bon moment était le minimum. Et j’étais prêt à accepter plein de choses pour aimer ce film :
– Accepter la vision ethnocentrée des américains. En effet, quand on parle de catastrophe mondiale, on parle en réalité d’accidents survenus aux Etats-Unis. Allez, à la limite le Mexique mais le reste du monde hein…
– Accepter le postulat assez grotesque de départ. Après tout, on a vu pire.
– Accepter les retournements de situation les plus improbables. Sans dévoiler la fin, je dirai que le moment où il gratte la porte de l’école est assez fantasque dans le genre.
– Accepter que le personnage féminin ne soit même pas joli. Là-aussi, on a vu pire.

En revanche, le dernier plan qui suggère une version 2.0 d’Adam et Eve reste compliqué à avaler. Kim Newman a parfaitement résumé ce que je n’ai pas aimé dans ce film : « Given that M. Night Shyamalan hasn’t been able to get away with making M. Night Shyamalan films without receiving a thorough kicking lately, it’s a mystery why Alex Proyas would want to make one. » Vraiment, il n’est pas nécessaire de dépenser autant d’argent (et de temps, 2H quand même) pour des films de ce genre. Mieux vaut que les grands studios réservent leurs portefeuilles pour de vrais scénarios catastrophes.

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Bon, on va être clair et arrêter de se mentir. Dans toutes les cérémonies de remises de prix, (que ce soit pour le ciné ou pour la musique d’ailleurs)  les catégories reines que nous attendons en premier (et qui arrivent tout le temps en dernier soit dit en passant) sont ‘Meilleur acteur’, ‘Meilleure actrice’, ‘Meilleur scénario’ et ‘Meilleur film’. A la limite ‘Meilleure Bande-Originale’. Pour le reste, niet -bon ok j’exagère un peu.  Nan mais soyons sérieux deux secondes : qui parmi vous peut me citer l’Oscar 2009 de la Meilleure Direction artistique ou du Meilleur Montage? Personne? Bah…Moi non plus. C’était il y a pourtant 2 mois à peine, même pas. Alors voilà, j’en viens à me poser la question suivante : est-ce bien sérieux de s’amuser à créer plus d’une vingtaine de catégories pour les oscars (presque autant pour nos Sacro-Saints Césars), dont la moitié pour des prix dits, « techniques »?

(suite…)

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Un petit post rapide à tous ceux qui veulent étoffer leur culture ciné en 5 minutes montre en main. Les 2 gus que vous allez voir vont vous dévoiler la fin de 100 films en 3min 45 chrono. Pas la peine de vous dire que si vous n’aimez pas les spoilers, ne vous lancez pas dans le visionnage de la vidéo. Par contre, si vous êtes juste assez curieux et légèrement gamin comme moi, alors n’hésitez pas et foncez histoire de vous tester un petit coup. « Enjoy« .

Et ils ont remis ça il y a à peine 2 mois à l’occasion des Oscars.

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