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Archive for mars 2009

Tentons d’établir une règle : dans une trilogie, le deuxième épisode est généralement le plus décevant. Petit passage en revue de quelques œuvres concernées.

58 minutes pour vivre
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Après l’époustouflant « Piège de cristal », il est clair qu’il était difficile de maintenir le cap. Et le remplacement de l’hyper sous-estimé John Mctiernan par le fade Renny Harlin n’a pas arrangé les choses. Finalement, alors que « Piège de cristal » avait le mérité d’imposer un nouveau genre de film d’action et introduit un personnage mythique avec John Mclane, « 58 minutes pour vivre » n’est qu’un film d’action parmi tant d’autres, efficace mais loin d’être inoubliable. Heureusement, John Mctiernan reviendra aux manettes pour « Une journée en enfer » et aura la bonne idée d’associer Samuel L.Jackson à Bruce Willis. Presque au niveau du premier épisode, « Une journée en enfer » préservera intacte l’image de la franchise. En 2007, un dernier épisode de bonne tenue est venu boucler la boucle. Si vous ne l’avez toujours pas vu, faîtes-le : voir John Mclane détruire un hélicoptère à l’aide d’une voiture, ça n’a pas de prix.

La mort dans la peau
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Là encore, un changement de réalisateur a mis un coup de frein à la saga. Alors que Doug Liman avait imposé un rythme électrique dans le premier épisode, Paul Greengrass a vu « La mort dans la peau » comme un épisode de transition. Beaucoup moins explosif, hormis lors d’une course poursuite mémorable dans Moscou, cette suite servait davantage à briser Jason Bourne (voir les premières minutes du film en Inde) et à lui donner un nouvelle motivation. Qui s’exprimera pleinement dans un dernier opus de folie (« La vengeance dans la peau »).
N.B : Malgré le fait qu’il soit en-dessous, « La mort dans la peau » reste mon épisode favori. Oui, Michelle Monaghan y joue un tout petit rôle.

Indiana Jones et le temple maudit
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Je sais que, plus petit, vous aussi vous préfériez « Indiana Jones et le temple maudit », Demi-Lune oblige. Mais si vous osez le regarder sans vos yeux d’enfants aujourd’hui (attention, ça peut faire mal), vous comprendrez sûrement pourquoi cet épisode fut accueilli assez froidement par la critique. Plus sombre que le premier opus (y a quand même un mec qui arrache des cœurs à mains nues), pas mal d’invraisemblances viennent se placer ici et là dans le film. Ce qui ne l’empêche pas d’être un excellent divertissement et de comporter son lot de moments cultes. Mais objectivement, l’épisode s’avère être en dessous des « Aventuriers de l’arche perdue » et surtout de « La dernière croisade ». Quant au « Royaume du crâne de cristal », laissez-moi dix ans et je pourrai en parler avec objectivité.

Matrix Reloaded
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Quand le premier film a réussi à faire en sorte que la terre s’arrête de tourner, c’est très difficile de soutenir ensuite la comparaison. Loin d’être mauvais, « Matrix reloaded » a tout de même déçu une bonne partie du public en le perdant en cours de route. Confus, le spectateur ne sait plus vraiment où il en est à la fin du film. Heureusement, « Matrix Revolutions » viendra mettre de l’ordre là-dedans et mettre un point final à une exceptionnelle trilogie.

Le monde perdu
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« Jurassic Park » était abonné à tous les superlatifs. Plus gros budget de l’histoire, plus grosse recette récoltée, sujet le plus ambitieux de l’histoire, effets spéciaux les plus réalistes…Véritable événement planétaire à sa sortie, « Jurassic Park » fait partie de ces cataclysmes que seul Steven Spielberg semble capable de déclencher. Le bougre a même réussi à rendre Sam Neil crédible en héros. A côté de ça, « Le monde perdu », malgré un suspens savamment distillé passe pour un vulgaire film d’aventures. « Jurassic Park 3 », réalisé par Joe Johnston, continuera dans la même lignée et clôturera de manière honnête la trilogie.

Les exceptions à la règle

Le Parrain
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Pour le coup, c’est souvent le troisième opus qui est vu comme le maillon faible de la trilogie. A tort car, a posteriori, il apporte une série de réponses devenues indispensables et complète magnifiquement la saga. Et en plus, il y a Andy Garcia.

Retour vers le futur
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Clairement, c’est le troisième opus qui est moins bon. Ce qui ne l’empêche pas d’être excellent. Si si. Vous voyez, certains films méritent de rentrer au panthéon grâce à une seule scène. Michael J.Fox qui se fait appeler Clint Eastwood et qui lâche un moonwalk en plein far-west, c’est culte.

La trilogie du dollar
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Tous les épisodes valent leur pesant d’or. Ou plutôt de dollar (c’était un hommage à Gustave Parking).

Evil dead
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Parce que cette trilogie échappe à toute règle.

On l’attend de pied ferme (et on y croît)

La trilogie Millenium

Juste pour voir Lisbeth Salander en vrai. Rien qu’une fois.

Conclusion : Vous l’aurez compris, le titre du billet était davantage un prétexte pour passer en revue quelques mémorables trilogies. Mais tout de même, avouez qu’il y a un peu de vrai là-dedans ?

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Synopsis : Walt Kowalsky est un vétéran de la guerre de Corée. A 77 ans, il en garde encore des traces et une animosité à l’égard de toute personne qui ressemblerait de près ou de loin à Kim Jong-il. Plus que ça, sa haine est généralisée envers tout ce qu’il ne comprend pas : la jeunesse, les différentes communautés ethniques, les mœurs qui ont changé, les pelouses qui ne sont plus entretenues…Bref, Walt, qui vient de perdre sa femme, n’a plus vraiment le goût à grand chose. Un soir, il va venir, malgré lui, en aide à ses voisins qui vont immédiatement l’adopter et l’intégrer aux différents événements familiaux. And guess what ? Le vieux bourru Walt va se prendre d’affection pour ces joyeux représentants du peuple Hmong.

1. Rien de tel que quelques bonnes vannes racistes pour détendre l’atmosphère, demandez à Rupert Murdoch.

2. Inventez une société parfaite dans laquelle ceux qui essuient à longueur de journée ces blagues racistes ne bronchent pas. Jamais. « Face de citron », « Sale niakoué », « putain de jap »…Ca n’est pas bien grave. Thao arrive à encaisser ça parce que tout ce qu’il veut, lui, c’est travailler. Et peu importe s’il doit y perdre sa dignité. Oui, ça ressemble à une métaphore sur l’immigré parfait, celui qui ne cherche surtout pas à s’élever. Il accepte de faire le sale boulot et d’être traité comme un moins que rien. Après tout, il ne va pas se plaindre, il a un déjà un toit dans le plus beau pays du monde.

3. N’hésitez pas à stigmatiser les différentes communautés ethniques. Les jeunes asiatiques sont soient des Yakuzas de banlieue, soit des gamins aux cerveaux bien pleins qui baissent sans cesse la tête pour montrer tout le respect qu’ils portent à leurs interlocuteurs. Quant à leurs aînés, ils ne daignent pas parler un mot d »anglais et coupent la tête des coqs à leurs heures perdues. Foutus Barbares. Les Noirs n’ont rien d’autre à faire qu’écouter du rap, agresser les passants et proposer des tournantes aux jeunes filles. Les Latinos rodent dans le quartier en écoutant Cypress Hill et menacent tout ce qui se trouve sur leur chemin. Mais que fait Sarkozy ?

4. N’oubliez pas d’y aller de votre paternalisme occidental et de rappeler au passage que votre mode de pensée est incontestablement le meilleur.
Exemple :
« Mon père était très traditionnel, très old-school.
– Moi aussi, je suis old-school.
– Oui…Mais vous êtes américain.
-Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? »

Ben, justement, à toi de nous dire Clint ce que tu as voulu faire passer comme message. J’ai beau y mettre de la bonne volonté mais je ne vois pas. A part peut-être que les Chinois sont décidément arriérés et moins civilisés que les Américains. Mais je n’ose pas imaginer qu’un Géant de ton espèce se laisserait à de si basses considérations.

5. Point important, simplifiez les situations les plus complexes. Ne laissez pas croire un seul instant qu’un raciste ne puisse pas être « guéri » en un simple buffet folklorique aux côtés d’une grand-mère en tenue traditionnelle.
Jouez sur les sentiments les plus faciles des spectateurs. Il y a ce moment où la soeur de Thao revient après avoir été tabassée par la bande de son cousin. Visage ensanglanté et couvert d’hématomes, elle est détruite. Forcément, le spectateur, en voyant ça, est pris d’une haine toute légitime à l’égard des coupables. Ces petits salopards méritent une bonne punition. Un peu comme les médias français qui nous abreuvaient d’images chocs avant l’élection de 2002 avec en point d’orgue celle du vieillard agressé par un groupe de jeunes, « Gran Torino » ne pose aucune question. Il cherche seulement à faire réagir immédiatement et simplement le spectateur en le confrontant à une situation parfaitement manichéenne.

6. Faîtes bien comprendre que la jeunesse actuelle est un vrai désastre. Soit elle vole les voitures des exemplaires retraités, soit elle n’a plus aucun respect pour les valeurs familiales. Elle regarde ses textos pendant l’enterrement de sa grand-mère ou profère carrément des obscénités devant le cercueil de cette dernière. Pire, nos chères têtes blondes parlent et s’habillent même comme des Noirs. Le monde part en couilles et Clint lui prête ses boules.

7. Dans une société en pleine décomposition, il faut un retour à la normale, aux vraies valeurs. Oui, il faut faire régner l’ordre, récupérer ces territoires pris d’assaut par des bandes de voyous décérébrés. Pour ça, il faut opérer à l’ancienne. En guise d’exemple, Walt Kowalsky. Ancien militaire, sans peur ni reproches, Eastwood s’est ici taillé un rôle sur mesure qui n’est pas sans rappelé le Dirty Harry qui contribua à forger sa propre légende. Walt patrouille ainsi la ville pour faire le travail que la police n’est plus capable d’assurer. Ca rappelle Charles Bronson et la série des « Justicier dans la ville ». Ca n’est pas un compliment.

8. Marre que les hommes parlent comme des femmes. Une discussion entre mâles doit être viriles, pleine d’insultes et d’apostrophes racistes, de tapes énergiques dans le dos et de calottes dans la nuque. D’où le cours particulier que vont donner Walt et son ami Rital à cette « fiotte » de Thao.

9. N’oubliez pas d’impliquer l’Eglise dans tout ça. Ici, on a droit à un jeune prêtre qui dit la messe le jour et refait le monde avec Walt en buvant des pintes le soir.

10. Exaltez un petit peu le génie patriotique (le gros-plan sur la médaille à la fin) mais avec suffisamment de lourdeur histoire que l’on prenne ça pour une bonne blague (les critiques répétées de Walt à l’encontre de son fils qui vend des voitures asiatiques).

Verdict : Le sujet était casse gueule. Clint s’est ramassé. Avec « Agathe Cléry », on avait un film de gauche merdique sur le racisme. « Gran Torino », en quelque sorte, est son alter-égo. Si vous cherchez un tant soit peu de subtilité, revoyez « Collision ». Et si vous tenez absolument à rire devant des blagues racistes, regarder un bon spectacle n’importe quel spectacle de Dieudonné.

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